Villes durables : agir localement et efficacement.


Juliette, étudiante française en sciences politiques actuellement en stage au sein de l’organisation Development Perspectives pendant 4 mois. Intéressée par le développement durable, Juliette a eu l’opportunité de participer à la conférence des Nations Unies sur le changement climatique COP23 à Bonn en novembre dernier. Au cours de cette expérience, elle a beaucoup appris sur la façon dont chaque pays agit contre le réchauffement climatique et fait face aux conséquences de ce changement climatique en prenant en compte les aspects politiques, sociaux, économiques et environnementaux.

Pendant que des négociateurs du monde entier se réunissent afin de trouver des compromis pour répondre à la problématique climatique à l’échelle mondiale, de nombreuses solutions sont déjà mises en place au niveau local. Pendant toute une semaine, j’ai pu assister à de nombreuses conférences animées par des hommes et femmes politiques, des urbanistes, des entrepreneurs des quatre coins de la planète. Ces professionnels étaient présents pour nous exposer des expériences de villes durables qui existent et fonctionnent. Lors d’un dialogue entres experts et parlementaires allemands et scandinaves concernant les solutions à apporter pour instaurer des villes durables, un parlementaire finlandais se félicitait de voir que le nombre de solutions présentées pendant les COP augmentait années après années.

Un réseau de villes durables s’établit

Certaines villes n’ont pas attendu la mise en place d’une législation internationale sur le climat pour s’engager dans un développement durable. Quatre-vingt-quinze villes mondiales se sont regroupées au sein du réseau « C40 CITIES » (Londres, Paris, Mexico City, New York, Durban, Los Angeles, Melbourne, Boston, …) pour collaborer dans la lutte contre le réchauffement climatique. Ces métropoles représentent à elles-seules 650 millions de personnes
et plus de 25% du PIB mondial. L’idée est d’instaurer une feuille de route propre à chaque ville afin d’atteindre au plus vite les objectifs cités dans l’Accord de Paris de 2015. Ainsi, des partenariats se sont créés entre ces villes du monde entier dans le secteur commercial, universitaire et de recherche.A noter qu’aux Etats Unis, malgré le retrait du pays des Accords de Paris sur le climat par le Président Donald Trump, 382 maires américains représentant 68 millions de citoyens se sont tout de même engagés à « adopter, honorer et défendre les objectifs climatiques de l’Accord de Paris ».

La Scandinavie a ouvert la voie

Les représentants des pays scandinaves présents à la COP23 avaient pour objectif principal de démontrer que les actions en faveur d’un développement durable ne se font pas au détriment de la croissance économique. Pour prendre l’exemple de la Suède, Stockholm est parvenue en 30 ans à décupler sa croissance de 41% tout en réduisant considérablement ses émissions de gaz à effet de serre de près de 35%.
Avec Helsinki, les deux villes ont mis en place des péages en fonction du taux de pollution dégagé par chaque type de véhicules et cette politique a entrainé une diminution de l’utilisation de la voiture de 4 à 5% pendant les heures de pointe. De plus, Helsinki a misé sur une forte incitation à utiliser des vélos dans la ville, autant d’un point de vue financier (l’abonnement annuel s’élevant seulement à 25 euros), que d’un point de vue pratique avec une multiplication
du nombre de bornes de vélos en libre service.

Un député danois a évoqué la réflexion des villes durables scandinaves et a rappelé que l’essentiel est de simplifier un maximum la vie des citoyens qui utilisent des transports écologiques (faciliter et sécuriser les trajets en vélos pat exemple).

De même pour la Norvège, la représentante du Parlement norvégien a tenu à souligner que la ville d’Oslo avait récemment décidé de rendre le centre-ville accessible uniquement à pied dès 2019 (à l’exception des livraisons). La parlementaire a voulu également insister sur le chiffre suivant : la Norvège est le pays avec le plus de voitures électriques par habitants malgré que le pays possède un vaste territoire et par conséquent des distances considérables entre les différentes villes du pays.

Conscients que la taille des villes scandinaves ne peut être comparée à celle des grandes métropoles mondiales, les représentants des pays nordiques s’accordaient à penser que leurs modèles de développement durable peuvent être intensifiés et adaptés à la particularité de chaque ville. Une parlementaire norvégienne a décidé de terminer son discours avec ces mots : « agir en faveur de l’environnement n’est pas dans notre ADN, cela nous demande beaucoup
d’efforts et une forte volonté politique » afin de rappeler que ce tournant écologique n’est pas réservé à une minorité de villes. Il serait donc temps d’arrêter de se contenter de citer ces villes comme exemple mais également suivre la voie qu’elles ont initié.

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